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Une école au Kham

Une vie de nomades (2ième partie)

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Dès la fin de l’été, les nomades s’en vont troquer avec des cultivateurs sédentaires ou avec quelques caravaniers de passage des pièces de laine de yack tressée ou du beurre contre les complé
ments alimentaires indispensables comme des céréales, des fruits, du sel et du thé.

Les graines d’orge mêlées à du sable sont d’abord grillées avant de passer sous la meule, éclatées comme du maïs. A l'intérieur de bols, la farine ainsi obtenue est mélangée à du thé au beurre de « Dri » et malaxée d’une main experte jusqu'à donner  une boule onctueuse de couleur … indéfinie, la « tsampa », aussi nourrissante que convoitée, quelle que soit l’heure de la journée. La viande séchée et l’abricot, le fruit le plus répandu ici, viennent agrémenter la nourriture des nomades.

Dès l’âge de deux ans, le cheval est dressé avec une dextérité remarquable mais toujours sans violence en vue d’échanges commerciaux entre nomades ou en préparation des célèbres joutes équestres estivales où les clans rivalisent d’adresse et de courage (voir article sur les Tadjis). Sur cette terre dont l’histoire regorge de faits héroïques des cavaliers « Kampas », on a su plus que partout ailleurs développer l’art de l’équitation.

A la belle saison, on s’affaire à la préparation de l’hiver en rassemblant le fourrage pour les bêtes ainsi que les bouses de yack qui une fois séchées serviront de combustible pour réchauffer.

Au nom du Bouddhisme qui est ici la religion majoritaire, chaque passage de col est l’occasion pour les nomades de célébrer la divinité protectrice locale, en posant pieusement une pierre de plus sur l’incontournable Cairn (ou monticule), en redressant le vieux mas garni  de drapeaux de prières aux cinq couleurs de l’univers, en purifiant l’air d’une épaisse fumée blanche de genévrier incandescent (le Tsang) et en jetant en l’air les « chevaux de vents », feuillets de papiers imprimées de formules et personnages sacrés. Dans le campement, chaque tente abrite un petit autel devant lequel on se prosterne régulièrement et sur lequel trônent sept bols d’eau lustrale changée chaque matin et l'unique lampe à beurre où brûle la flamme symbolisant la claire lumière de l’esprit. Au mois d’août, à l’occasion de la fête de « mani », on se réunit autour du Lama officiant, et chacun se doit de dire 30.000 fois par jour la formule sacrée (ou mantra) de telle sorte que lorsque s’achève cette célébration il n’y ait eu en tout pas moins de 100 millions « OM MANI PADME HOUNG »  chantés ou murmurés !


… Alors si le cœur vous en dit !

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