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Une école au Kham

Une vie de nomade (1ère partie)

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Au Kham, une communauté de nomades ou semi-nomades se construit autour d’une famille élargie. Le chef, nommé chaque été à la suite d'une cérémonie de succession où il reçoit le couteau symbolique, a entre autres charges celle de perpétuer ou négocier les accords territoriaux entre camps voisins. Les saisons et les particularités géographiques du Kham rythment la vie des nomades.
Durant l’hiver, la température peut atteindre -40° et l’effet du froid est fréquemment accru par un blizzard violent et persistant. Faire fondre la glace avec du sable pour puiser un peu d’eau est pratique courante !
Les mois de Décembre à Février sont passés le plus souvent à proximité d’une ferme refuge et pour se chauffer, le meilleur combustible, surtout le moins cher, est la bouse de yack séchée.

Le troupeau, mélange de moutons, chèvres, yacks et chevaux est au cœur de la vie des nomades. Dès les premiers jours de Mars, se sont ainsi plus de cent bêtes que les bergers « Drogpas » conduisent de pâturage en pâturage, au rythme moyen d’un par mois. Environ sept heures de marche sont nécessaires pour parcourir, en un jour, les 20kms qui séparent deux campements consécutifs, sur de hauts plateaux herbeux ou au creux de vertes vallées mais toujours près d’un torrent généreux. A ces altitudes avoisinant les 4000m, les yacks excellent à porter jusqu’à 80kg de charge et à marcher plus de 20kms sans s’épuiser mais il faut néanmoins leur administrer de force et régulièrement des doses de sel pour les maintenir en forme.

L’après midi, ce sont souvent les enfants qui font paître le troupeau. Dès leur deuxième année, à partir du mois de Mai, les chevreaux vont donner, à raison de 100g par bête en moyenne, leur chaud duvet bien protégé sous la première couche de poils, et qui deviendra le précieux « Pachmina ». Les toiles de tentes, couvertures et tapis sont assemblés à partir de bandes tissées avec la grossière mais robuste laine des Yacks et de leur cuir on fabrique selles et sacoches. Avec le poil de Yack on fait aussi des cordes, et des sabots on tire une précieuse colle !

Des « dris » (femelle du Yack) et des chèvres, les femmes tirent le lait dont elles feront du beurre après un barattage énergique exécutée dans la bonne humeur générale. Sur ces hauts plateaux, le thé au beurre salé aide le sang à compenser le manque d’oxygène. Il est courant d’en boire jusqu’à 40 tasses par jour ! Le fromage issu de la cuisson du lait, est égoutté puis séché jusqu’à devenir assez dur pour se conserver longtemps et servir de monnaie d’échange. Avec le beurre, on peut aussi imperméabiliser la toile et se protéger la peau des rayons ultra violets si denses et agressifs.

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